La Caisse Populaire SJB

La Caisse Populaire SJB

Le 20 décembre 1943, une soixantaine de paroissiens se réunissent dans le soubassement de l’église pour discuter des Caisses d’épargne Desjardins et du service immense qu’elles étaient appelées à rendre « à nos compatriotes de langue française » en « les invitant à épargner afin de les protéger contre l’infortune, l’indigence, le chômage ».

Ces caisses, disait-on, permettrait d’emprunter facilement en offrant comme garantie « La moralité de l’emprunteur et ses antécédents ». Il n’en fallait pas plus : on se propose de fonder la Caisse Populaire Saint-Jean-Baptiste. Ce sera la quatrième dans la ville de Montréal!

S’en suit une discussion sur le local où loger cette nouvelle institution. Certains proposent un local de la Fabrique donnant sur la rue Henri-Julien. D’autres proposent un des nouveaux locaux de l’Action Catholique, au sous-sol de l’église. D’autres encore suggèrent tel ou tel magasin sur Saint-Denis ou sur Rachel. Le curé Coursol résout la question en offrant une salle vacante de l’école Louis-Hippolyte-Lafontaine (sur la rue Berri, près de Rachel). Les locaux étaient spacieux, bien éclairé et « suffisamment à l’abri des voleurs ».

Il était logique de se tourner vers l’école Louis-Hippolyte-Lafontaine. Cette école avait été, après tout, construite en 1918 par Mgr Dubuc, alors curé de SJB.

Le soir du 10 janvier 1944, les portes de l’école Lafontaine ouvrent à 19:30 pour recevoir les premiers sociétaires. Le bulletin paroissial décrit les locaux :

Le local resplendissait de clarté et de propreté. Tout était disposé comme dans une banque de haut ton : comptoir, guichet, bureau du gérant orné d’un coffre-fort, d’une table de travail, et d’une dizaine de chaises en imitation de chêne.

En tout, 36 sociétaires font leur premier dépôt! Par la suite, chaque lundi et vendredi, la caisse ouvre le soir pour continuer à « recevoir de nouveaux sociétaires désireux de profiter des avantages de la coopération ».

Le bulletin paroissial conclut avec cet encouragement :

Paroissiens, aidons-nous les uns les autres. On a dit qu’un peuple désuni enrichissait son voisin. Rien de plus juste. C’est notre isolement, notre apathie les uns vis-à-vis des autres qui a fait de nous ‘des charrieux d’eau et des scieurs de bois’, des petits commis au service d’étrangers exploiteurs. Reprenons dans le monde économique la place qui nous revient. Nous en sommes capables et, avec la grâce de Dieu et la Caisse populaire nous y parviendrons.

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Rodrigue Escayola

Avocat

Rodrigue est avocat en droit immobilier. Les dimanches, il participe aux célébrations de façon très concrète: pour la sonorisation et la diffusion des messes.